ECRITURES

Parution mars 2016

L'Abyssinie

Extrait
"...Les pigeons s'envolaient, les roses perdaient leurs pétales et les statues muettes sous la lune des parcs publics tournaient la tête sur son passage. Il entra dans des cours intérieures en ruine, fit fuir des chats errants au fond des ruelles étroites, respira l'air métallique des gares et du périphérique."

L'édition
http://www.editions-pantheon.fr/corinne-dufosset/romans/l-abyssinie.html

Dante suivi d'Ereignis et l'Autel

Extrait
" – Je m’appelle Dante.
Ils le regardaient sans rien dire. L’aîné était juché sur un bidon, les jambes ballantes, les yeux mi-clos : le plus jeune assis par terre, tournait entre ses mains un morceau de bois ; elle était sur une chaise défaite, les mains dans les poches. La grande carcasse de fer était parcourue par le vent ; trois lampes éclairaient l’endroit. L’ombre jouait sur leurs visages. Dante jeta un coup d’œil autour de lui et se dirigea vers un coin de la salle. Il posa son sac, s’allongea sur le sol, décidé à veiller. Ses compagnons semblaient rompus dans le marbre.
Dante resta un moment à les regarder et finit par s’endormir. "

L'édition
http://www.edilivre.com/auteurs/corinne-dufosset-3091.html

Quelques appréciations et citations sur le site Babelio
http://www.babelio.com/livres/Dufosset-Dante-suivi-dEreignis-et-lAutel/547319

Décalcomanies - spectacle musical - chansons

Montage de présentation de certains textes de chansons

Prologue
Je suis un homme poursuivi par le courant habituel de la vie, il m'assaille et rythme mon présent, alors je me cache pour expirer, en quelque sorte, pour expulser cette angoisse qui est mienne. Je me sers, je prends, et quand soudain tout est trop grand et infini pour moi, j'essaie de devenir quelqu'un qui ne me reconnaîtrait pas.
Je fais des tours et des tours dans ma tête mais cela ne change pas ; elle reste collée à mon cerveau cette pluie qui tombe sur le pavé, sur mon pavé loin de mon cœur, comme un ciel renversé dans la terre. Je suis enfui quelque part entre mon travail et ma vie, ma vie et mon travail, dans la futilité de mon existence, qui ressemble à une carte postale, à un avis de recherche, à une épingle dans une poupée vaudou.
Je n'ai vu aucun pays, je ne sais rien des aéroports, des gares et des salles d'attente ; je sers dans ma tête des machines à sous qui me communiquent des sensations et je regarde parfois les billets dans les agences de voyage comme des cartes indéchiffrables, je suis comme un voyageur assis à une place réservée qui n'est pas la sienne, je resquille dans mon rêve, mon rêve de vie, mon rêve...
Quand je vois tous ces gens dans la rue, quand je les croise et que je ne les vois pas, je reste devant mon miroir pour retrouver leurs visages et j'en suis incapable. Je suis comme eux, dans une foule. Et cette foule, le soir, me regarde-t-elle dans un miroir ? Je suis un homme poursuivi par la sollicitude...
J'ai peut-être rencontré, un jour quelqu'un qui pouvait rester près de moi, loin des autres et près de moi, quelqu'un qui me reconnaissait dans mon miroir, qui savait la poursuite qui animait mon cœur ; c'était comme une couleur, quelque chose qui tenait éveillé parfois. Alors, pour pouvoir fermer les yeux, pour dormir sans rêve, j'ai tourné les talons. Parfois, j'y repense à cette vie qui fut comme une décalcomanie et qui s'effaça lentement....
Parles-moi, toi que je ne connais pas, parles-moi même si il te semble que je n'écoute pas, tu as sûrement comme moi des envies de rire, de raconter n'importe quoi à n'importe qui, sans attendre, sans comprendre, parles-moi de ta vie ; cette vie moderne qui coule dans nos veines, cette vie moderne qui s'affiche perpétuellement sur notre quotidien.
Je vis sur l'ordinaire, moi qui aime l'extra ; je vis sur le sursis de quelques uns qui me connaissent entre parenthèse, je vis sur mon nom que j'écris mécaniquement, je vis sur moi, sur ma tête, sur tout et rien, je vis sur l'échappée que je ferais un jour, moi le sprinter de mes désirs....

Il m'arrivera un jour, quelque chose de doux, quelque chose qui m'arrivera en recommandé. Alors ma vie s'ouvrira, un jour, sur la douceur, sur un bout de terre, un bout d'océan, un rêve mit en bouteille, échoué près de ma tête. Il m'arrivera ce coup de soleil, un jour où je ne serais pas pressé, un jour sans y penser...

Poésies

Extraits

  • Les lunes
    Seules échappées
    Quand passant sur les étangs
    Elles se baignent lentement
    Sans regard, sans rien dire, oublieuses
    Fermées aux tempêtes et aux appels
    Les lunes lâchant leurs larmes au-delà des plaines, traînées ailleurs par les brumes amoureuses
    Aventureuses, les lunes pâles et fortes s'échouant sur le seuil
    Doucement, comme une écume, rêvent les lunes nocturnes

Jettes, jettes la clé des songes dans le puits, ce pays n'est pas un rêve
C'est un fracas dans la tête des dormeurs
C'est un fil doré qui se tire sur la pelote des souvenirs
C'est une grande lame amère dévalant des ravins
Et s’abîmant au fond des cœurs.Ceux qui parlent de ce pays en dormant préfèrent ne pas être entendus
Car personne ne doit voir leur espérance
Marchants sur les routes de poussières comme les rubans d'une vieille robe d'apparat
Ou assis sur le pas des portes
Si ils te voient avancer la tête relevée, les yeux remplis d'images de sons et de paroles
Ils te diront te regardant
Jettes jettes la clé des songes dans le puits, ce pays n'est pas un rêve

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